mardi 27 mars 2012

Tout à craindre !


Ce soir, alors que l'actualité me semblait aussi grise et pluvieuse que le temps est beau (en apparence), 
je reçois ceci :

De : isis e--------
A : (22 destinataires) 
Envoyé le : Lundi 26 mars 2012 15h53
Objet : SOS appart

Bonjour à tous,

A ceux qui sont sur Paris ou qui y connaissent du monde...
J'ai une amie qui cherche désespérément un appartement depuis le mois de septembre. Elle est intermittente du spectacle, mais peut produire deux bons garants. Elle a un petit garçon de 3 ans scolarisé actuellement dans le 19e, et se fait littéralement jeter depuis des mois par toutes les agences. Elle craque et il semble vital pour eux de se poser...
Si vous entendez quoi que ce soit, que vous rencontrez un propriétaire plus humain que paranoïaque, ou si vous pouvez faire suivre... faites-moi signe !

Et belle route à vous
Isis
__________________________
et j'y réponds :

Chère Isis,
Je n'ai pas de solution à proposer à ton amie.
Mais ce genre de situation
devenue tellement banale
me fait considérer depuis longtemps

depuis l'époque où 

sortant de l'Ecole de St Etienne 
je n'ai eu pour toute perspective 
que Notre-dame-des-sans-abris, à Lyon

avant même que de penser à me trouver un premier cachet -
que le problème du logement est le problème n° 1.

Parce qu'il est impossible de travailler
sans avoir un toit sur sa tête.

Or, le parc immobilier est en grande majorité privé. 
C'est le marché privé de l'immobilier 
qui ne cesse d'augmenter sa valeur depuis 30 ans
sans jamais aucune baisse,
qui indexe le niveau des loyers
et les arbitraires le niveau des "garanties"
(en français, la "discrimination")

Se loger étant un bien social vital
combien de temps allons-nous supporter 
que des biens d'un intérêt vital 
soient soumis aux aléas
des intérêts du marché privé ?

Vous me direz, si je parle comme ça 
c'est que je dois être socialiste. 
C'est exact, je n'en fais pas mystère.

Mais, par conséquent, c'est aussi pour cette raison, 
en pensant à ton amie et son fils
qui se trouvent depuis 6 mois déjà 
dans une merde noire
en pensant à tous ces enfants 
qui vivent à 5 dans 14m2 en plein Paris,
en pensant à tous ces gens qui travaillent 
obligés de s'humilier en tant qu'adultes 
à en appeler aux garanties de leurs parents,
que j'ai décidé de ne pas accorder ma confiance 
à ceux qui se croient déjà élus 
et ne font que rassurer 
encore et encore 
les marchés.

Je pense en particulier à M. Hollande,
qui, devant un parterre de journalistes étrangers
n' a pas trouvé mieux à dire 
que tout avait déjà été bien privatisé 
et qu'avec lui, il n'y aurait "rien à craindre" !


Eh bien moi, j'affirme que

Si le million de personnes de ce pays 
qui ne sont pas logées du tout
comme ton amie
se mettaient à voter dans leur intérêt
il y aurait alors "tout à craindre
pour ces Thénardier
pour ces vautours
spéculateurs immobiliers 
et autres marchands de sommeil.

Le 22 avril, sans état d'âme, 
je voterai donc Mélenchon,
et tant pis si certains artistes
bien au chaud 
qui bénéficient des largesses des institutions
en sont parisiennement effarouchés.

J'espère de tout cœur 
pour elle et son petit 
qu'elle va trouver une solution.
Je t'embrasse.
Benoît



mercredi 21 mars 2012

Timing parfait !




Alors que l'on vient d'apprendre le décès du présumé criminel M. Merah (y aura-t-il une enquête ?) suite à l'assaut du RAID, il est fort peu probable que les autorités aient voulu le capturer vivant. Offrir, par un procès équitable, une publicité au jeune criminel qui se réclamait du salafisme, et qu'il aurait bien fallu défendre, était une option dont je ne crois pas le gouvernement capable.


Le présumé meurtrier de 3 enfants, un professeur et 3 militaires.
La version donnée par les autorités serait que Les policiers ont ouvert le feu sur l'homme alors qu'il avait sauté par la fenêtre. Ce sera la position officielle.


Il y eut des précédents. Au cours d'un procès intenté par la famille, il a été révélé que Eric Schmidt, le preneur d'otage de la maternelle de Neuilly en 1993, avait été "abattu" par les forces spéciales, mais endormi sous Rohypnol, et de ce fait avaient empêché la justice de passer. Charles Pasqua était aux commandes à cette époque et Nicolas Sarkozy prenait le risque d'aller chercher lui-même  un de ces enfants.


Si les services de police l'avait voulu vivants, n'auraient-il pas pu envoyer des gaz incapacitants de façon à l'anesthésier. Personne ne résidait plus dans l'immeuble. Qu'un lecteur spécialisé ait une réponse ne me déplairait pas. Bref.

Quand la mort plane, que la démence meurtrière fait entrer la religion dans le lit de la politique, la droite en touche de sombres dividendes.

Ce message que je recevais hier d’un connaisseur en est une première illustration : "ce sac a merde d'islamiste souille notre pays et il n'est en rien francais mis a part le droit davoir été chié sur notre sol !”. 

Voilà, on imagine bien le réveil des racistes qui ne se sentent plus de joie au moindre événement qui met en scène des communautés différentes, des origines différentes, des religions diverses. Ils ne voient pas des êtres humains, dans leur innocence ou leur monstruosité, non, ils voient des étiquettes.


Dommage, la campagne de la Présidentielle 2012 commençait bien pour une fois. On y débattait âprement et dans un clivage idéologique constructif, regulateurs contre dérégulateurs, qui commençait à ressembler à un vrai débat de société entre vraie gauche et vraie droite, et non entre sociaux-démocates d’un côté et nationalistes de l’autre. Pour une fois, mais il n'est pas trop tard. 

Ce sera même une nouvelle occasion d'expliquer la nécessité de faire France ensemble pour nous et pour nos enfants demain. 











Le cours de la campagne électorale doit reprendre au plus vite. Elle démarrait bien jusqu'à lundi dernier. Dimanche encore on défilait. On y exposait le bilan du pouvoir en place depuis cinq et dix ans, on y arguait d'une nécessaire réorientation de l'économie et la mise au pas de ses structures financières les plus anarchiques. Tout allait on ne peut mieux dans cette campagne. Et puis, soudain l’horreur, l’émotion, la peur et maintenant la désignation d’un ennemi commun. Tout y est.

Les trois parties sont à leur manière victimes directes et indirectes du fanatisme religieux. Ce ne sont pas les premières, même si on espère à chaque fois qu'un enfant tombe que ce soit le dernier.

Et le meurtrier est bien plus que “salafiste” et les victimes bien plus que “juives”. L'un est un malade mental en liberté, qui a sûrement vu des horreurs qu’il n’était pas préparé à voir en Afghanistan, et les autres étaient des enfants, et des innocents, victimes de l'étiquette que les racistes de tous poils collent au front des gens : les uns symboles de l'armée française, les autres symboles du judaïsme. 
Mais qu’il soit néo-nazi ou salafiste, ou encore soldat russe ivre-mort, l’homme qui en vient à commettre des crimes de cette facture, à Gaza, à Toulouse ou en Tchétchénie, est déshumanisé jusqu'au dernier degré. C’est ça qui est inquiétant.
Le candidat Jean-Luc Mélenchon avait bien fait œuvre de pédagogie, de ténacité aussi lors d’un débat qui n’eut pas lieu faute d’ennemie à sa portée, il avait avec ses équipes patiemment démonté l'arsenal de contre-vérités qui souillait l'atmosphère émotionnelle de notre démocratie depuis vingt-cinq ans, (pour ne pas dire “intellectuelle” ce serait trop beau) et c’était déjà un événement. 

La société n’affronte pas souvent ses problèmes en face, et se trouve malade de ses peurs, agitées en fonds de commerce, et malade de ses éternels euro-dirigeants déconnectés.
Justement, n’aurait-on pas dû faire une large place aux questions importantes de notre attitude à venir sur la politique arabe, sur notre rôle en Afghanistan, notre présence dans l’Otan, durant cette campagne présidentielle... plutôt que faire silence sur ce qui fâche, et de parler d’abattage, d’agiter le spectre d’une viande par laquelle on ingérerait des religions. Nous devrions avoir honte.

La question qui va se réinviter dans la campagne est celle de l'emploi des jeunes, de leur insertion, des cités-prisons.
Quant à savoir si le présumé coupable Mohammed Merah doit être considéré comme un Français avant d’être un musulman, oui ; n’en déplaise à ceux qui ont la France sélective. C’était un Français et il faut de toute urgence se demander pourquoi un garçon de 23 ans, recalé par l’armée de terre où il voulait s’engager, atterrit aussi vite dans le baquet de la poudrière religieuse et criminelle. Cela interroge notre société française, où 26,7 % des jeunes des cités sont sans diplôme, dit l'Observatoire des inégalités.

Donc, ce jeune homme perdu, qu'a-t-il fait, sinon un mal indescriptible et aveugle, dont l'impact neutralise les clivages autour d'une unité nationale de compassion puis de réprobation ? 
À 32 jours du premier tour, avec l'aide de la droite et de son extrême garde-chasse, ces crimes vont être manipulés pour donner un visage odieux à la campagne de 2012. Ils tiennent là un sujet qui va leur permettre de faire diversion quant aux grands enjeux économiques nationaux et aux enjeux stratégiques qui les gênes aux entournures. 
Sans compter, à l'interieur d'une population édifiée, une recrudescence de haine, de xénophobie et d'amalgames. 
Tous arguments prêts à justifier les dépenses les plus sécuritaires et les politiques les plus démagogiques: en un mot, les caméras qu'on installera coûteront le prix d'un renforcement de l'enseignement de l'histoire et de l'éducation civique, ce dont tous nos enfants auraient bien besoin, en plus d'une perspective d'emploi, surtout lorsque nos enfants sont de parents étrangers. 
Au grand dam de cette gauche enfin réveillée, au lieu du printemps des français nous risquons le printemps des racistes. Et comptez-y bien, l'événement, pour odieux qu'il soit, n'en tombe pas moins à pic pour certains agitateurs de haine, médias en tête. 
Alors bien sûr, la Droite tentera de souffler sur les braises de cette violence alors que les cendres des pauvres innocents sont encore là, et leurs corps, pas encore inhumés. D’ailleurs, Marine Le Pen occupait les écrans dès potron-minet, et on se demandait bien pourquoi elle, justement. Serait-elle devenue une référence ? 


Le lecteur l'aura compris, je ne crois pas au hasard, encore moins à celui du calendrier en période électorale. Un timing aussi favorable à la campagne du president sortant atteint la perfection : l'assassinat des écoliers a eu lieu lundi matin, au moment même où le parti d'extrême-droite, premier critique des salafistes mais aussi premier à se repaître de leur présence, commençait à ne plus constituer un gage de victoire au premier tour ; au moment même où la Gauche est haute dans les sondages, et en particulier dans le contexte exceptionnel de présence inédite du “Front de Gauche”, qui venait de réaliser 12 heures plus tôt seulement le plus grand rassemblement populaire de ces trente dernières années, dimanche dernier, à Bastille, pourquoi ? 
Ensuite, en ouvrant sa télévision au petit matin on se trouve soulagé que la cavale soit finie, mais on se dit aussitôt : Qu'est-ce qu'un Ministre de l'Interieur faisait au milieu de la nuit dans une opération à haut risque où le pire peut avoir lieu, comme une explosion de grande puissance ?
Le propre d’une coïncidence, c’est d’être extraordinaire ; mais là, tant de coïncidences, c'est très étonnant…
Si le meurtrier était un individu préparé et qui eut tant soit peu de ruse, sans être pour autant un idéologue : "À qui profitera le crime", aurait-il pu se demander, en instigateur d'un plan aussi méthodique.
Que ces atrocités soient perpetrées à un moment où le pouvoir en place -et celui à venir- aurait toutes les chances de reconduire sa politique étrangère, voilà qui aurait un sens... celui d’interroger nos candidats. 

  • François Hollande n’a-t-il pas déclaré qu’il ne comptait pas sortir du commandement militaire intégré à l’Otan où Sarkozy nous a enfermés en 2008 ? 
  • Ne s’apprête-t-on pas à suivre Israël sur l’Iran en passant par la Syrie ? 
  • La question des forces spéciales françaises arrêtées par les syriens fin février n’est-elle pas étouffée sur tous les médias français ? lien
Même si la méthode est monstrueuse, il y a une lueur de cheminement dans la pensée. Ce calendrier criminel qui fait irruption dans la campagne est une manière de faire entrer des questions qu’on n’aborde pas d’habitude. Et cela ne marchera pas, car plutôt que de parler on préférera laisser opérer les ressorts de la peur et de l’émotion. La mamie fermera son verrou et comme 75% des +de 65 ans en 2007, on voudrait qu'elle aille re-voter Sarkozy. Personnes âgées, ne vous laissez pas manipuler !

Éloignons les religions du débat politique, éloignons-les d’une société plus éduquée, plus  laïque et plus apaisée, même si c’est au prix d'une lutte renforcée contre les fanatismes religieux, armés ou pas, de toutes obédiences, et retrouvons le sens du débat, le vrai, le sain, sans entrave dans une société dite démocratique.
C'est cela aussi être de gauche en 2012.

lundi 19 mars 2012

Bien en Place !





Ce dimanche 18 mars 2012, 120 000 citoyens, curieux et militants, sont venus entendre une parole, Place de la Bastille.
La nation prend acte de la braise qui couve depuis 7 ans que sa voix à été étouffée. Premier candidat à l’élection présidentielle du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon porte haut cette voix.
Du 29 mai  2005 au 18 mars 2012, il y a donc bien un vent continu, le vent de la révolte qui souffle et face auquel aucun mur ne pourra se dresser.
Que ce soit le mur de la résignation, des lamentations vaines, de l'hypocrisie ou de la haine, plus rien ne devrait s'opposer à ce qui est : une prise de conscience. Celle de millions de gens qui ont désormais  tous les moyens  de faire France ensemble, de relever la tête après avoir été si longtemps et si lourdement trompés, maltraités puis menottés et qui délient maintenant leurs fers. 
Cet événement, le peuple est fier de l’avoir réalisé lui-même, sans l’aide de personne, sans les appels relayés d’aucun media. Et quand bien même les journaux pourraient-ils minimiser la portée de ce moment qui fera date dans l'histoire de la reconstruction du socialisme ; quand bien même certain autre candidat pourrait-il n’y voir -de son mépris habituel, qu’un cri de colère mal fondé, qu'il se casserait les dents à l'épreuve de la réalité, du terrain même. 


La colonne vertébrale de la Gauche est là, comme la fière colonne de la Bastille. Bien en place.

On ne peut pas taire si longtemps l'inquiétude et les souffrances de toute une population, ni moins encore ses élans d'optimisme. La preuve, à Bastille, place au Peuple ! 
Il y a un grand besoin d'une parole d'espoir mais aussi d'une volonté de confier à la tête de l'Etat, une compétence, une volonté personnelle au service d’une intelligence collective, comme celle du maçon à qui l'on confie les fondations de sa maison. On le savait, et on n’est donc pas surpris de voir un mouvement se lever.

L'homme qui nous a dit un jour "...l'élite humaine, c'est nous tous !" reçoit aujourd'hui la monnaie de sa pièce d'or. Présidons !


Au-delà d’un hommage encore brûlant de la chaleur des pavés, il faut rendre compte par le détail, de l’intérieur, de ce que cette journée dédiée à Louise Michel a constitué un moment. Précédé d’autres moments, et qui en sucitera d’autres, c’est inévitable.

Le moment où nous vîmes arriver à l’Usine, au QG de campagne du Front de Gauche installé aux Lilas, des dizaines de militants et de personnes jamais encartées, des citoyens anonymes, volontaires, bénévoles aguerris ou novices, venus se mettre en mouvement pour préparer plier, ranger, coller, dessiner, peindre, imaginer, découper, tracts, affiches, pancartes, banderolles, en longueur, en hauteur, en couleur... Deux cents personnes se sont succédées la semaine qui a précédé le grand rassemblement de la Bastille.



Le moment où les journalistes de la presse écrite, venus faire une pige, fumaient avec nous devant l’Usine au soleil de mars, tout sourire, emportés par notre enthousiasme, une énergie communicative qu’ils n’avaient, disaient-ils, jamais rencontrée, ni dans les QG de l’Ump ni au P.s, ni dans aucune campagne.
Le moment où Jean a dû aller débrancher son ordi et l’asseoir sur une chaise en hauteur sur une table pour assurer la bonne projection des lettres sur une banderolle. 
Le rire de Yvette qui scotchait, scotchait, et dont l’éclat nous annonçait le grand moment à venir, nous le voyions tous. 
Le moment où Emma est allée acheter quelques clous de tapissiers qui manquaient le samedi soir à la fermeture pour équiper la banderolle culture, celle qui fut tant photographiée dans les cortèges.
Le moment où Jean-Luc est sorti de son bureau pour regarder où était donc ce maniaque de l’aspirateur qui résonnait dans l’espace enfumé. 
Il faut dire que de la poussière, il y en avait ; de l’activité, à revendre ; et de la bonne humeur, à donner.

Le moment où l’Usine a aplaudi la très belle banderolle des Jeunes du Front de Gauche, encore fraîche de peinture rouge et verte, que Maëlle, Sophie, et Philippe avaient patiemment lettrée, décorée, des heures entières allongés à fixer leur pinceau fin.
Le moment où nous nous sommes retrouvés à 04 h du matin le dimanche pour habiller la colonne de Bastille, où il a fallu parlementer avec quelques soudards venus crier leurs colère jamais éclairée. “Y a du boulot sur cette affiche, viens là toi !” Lui ai-je crié, ulcéré de voir qu’on oserait toucher au travail réalisé par des camarades. 
Le moment où la chaîne des militants du petit matin s’alignait pour déposer les 5000 pancartes de la 6ème République. 


Le moment où Manu a téléphoné pour demander un supplément de drapeaux. Le moment où Gabriel s’étonnait de voir les affichages se superposer.
Le moment où chacun avait perdu sa chacune sur la Place de la Nation, rouge de monde ; où chacun se demandait ce que voulait dire cette foule si nombreuse, une hallucination en forme d’unité politique.



Le moment où La Boétie est monté nous livrer son nouveau texte “De la servitude volontaire”, sur le plateau du commando culturel de Christophe, alors que le cortège peinait à se frayer un chemin parmi la cohorte insensée qui s’engouffrait à toute force sur le Boulevard Diderot. 

Le cafetier du faubourg qui fermait boutique et venait se fondre dans le courant plein de poussettes et de sacs-à-dos vers Bastille.
Des moments comme ça, sans aucun anicroche ni bris d’aucune sorte, qui convergeaient vers ce moment de sidération. Grâce à un camion sonorisé relié à la Place de la Bastille, nous pûmes entendre au loin l’orateur Mélenchon, le plus grand de toute la cinquième et bientôt la sixième. 


Et ce moment. Un frisson, un silence, une écoute partagée, une communauté de raison et d’émotion simultanée, comme un courant a traversé toute la foule : les habitants de la rue du Fbg St Antoine passaient leur têtes aux fenêtres... 

Le vent de la révolte s’était levé, et quelqu’un en avait pris la tête dans un moment de pleine conscience. 


















Préparation à l'Usine la semaine du 12 au 17 mars










































04h 15 le dimanche 18 mars. Installation des kakémonos fabriqués à l'Usine










14 h 30 des bénévoles veulent bien tenir la banderolle Culture du Front de Gauche








 16 h 00 Le cortège N°13 quitte Nation








17 h 30 le discours de Mélenchon est rediffusé pour tous ceux qui n'avaient pu l'entendre depuis les rues adjacentes.








lundi 12 mars 2012

"Des Bastilles à prendre" Lettre à tous ceux qui ne savent pas pour qui voter

Je réponds à une lectrice de mon précédent billet qui me dit avoir des difficultés à convaincre autour d'elle pour qui voter ; elle sait bien ce qu'elle combat, mais moins ce qu'elle voudrait défendre.

Chère Hélène,

Sur ton message, tu me dis croiser
au fin fond de la campagne
des gens de peu
mais qui ne savent pour qui voter.
Aux gens d'ici, on ne peut plus raconter d’histoires.
L'Europe ne fait plus rêver personne de censé
et la France Forte n’ a jamais été aussi faible.

Handwriting in Old Diary

Moi, je le sais, je vais voter Mélenchon.
Parce que : Quelle est l’affaire aujourd'hui ?

Il ne s'agit pas de prendre sa mesurette
et y aller de sa lorgnette
sur telle ou telle mesure
dite de gauche, plus ou moins à gauche
pas à gauche... Non.
C’est plus sérieux que ça
ce Front de Gauche.

Il s'agit simplement de poser
un premier acte de rupture très clair.
Comme on fait tomber un premier domino.

Rupture avec quoi ? disent les gens.
Et là les ennuis commencent
il faut sortir un gros mot : avec le néo-libéralisme.

C'est un régime économique autrement puissant
que les privilèges de la Monarchie
mais qui y ramène aussi bien.

L'affaire est d'importance
puisqu'il s'agit rien moins que de re-prendre
Des Bastilles.

pas Une, mais Des...
Elles sont 4.

Les quatre directions prises par la Banque Mondiale
et le Fonds Monétaire Internationale en 1971
  • Faire circuler l'argent librement
  • supprimer les droits de douane
  • Demander aux Etats de prélever moins d'impôts
  • Brader leurs industries à des puissances financières
Et on sait aujourd'hui avec quels résultats
sur le développement de nos pays.

Ces mesures appliquées avec zèle à Bruxelles
sont des armes destruction sociale massives.

Chômage, délocalisations,
vie chère, mauvaise alimentation,
paradis fiscaux, etc. etc. etc.
Comme c'était prévu !

Il faudra donc "au moins"
une Révolution Douce
sinon une révolution dure
avec un vrai un mandat du peuple entier
pour qu’un Président Français s’oppose
aux Traités européens
(et au nouveau traité de gouvernance
qui vient de lier la France par les pieds,
passé en silence à l’Assemblée)

Tout ça cancérise nos systèmes sociaux
et ceux des autres pays d'Europe
Il faut traiter les Traités... pas les reconduire.

Donc décider au niveau de notre pays
et ensuite négocier au niveau européen.
C’est la politique qui reprend ses droits,
c’est pas de la politicaillerie de bas étage.
C’est à partir de là, et seulement après
que de nouveaux programmes
seront à nouveau possibles.
Pas parfaits, pas géniaux, possibles.

Les dirigeants au pouvoir depuis trente ans
répètent et répètent qu’ils ne "peuvent" rien faire
c’est une rengaine, une chanson préférée.
Etrange pour qui aime le "pouvoir.
Ils mentent.

Par quel mystère
Se sont-ils mis les menottes eux-mêmes
en acceptant, traité après traité
les avantages concédés à la finance
qui nous étrangle aujourd’hui ?
Etaient-ils idiots ?
Ou corrompus peut-être... ?

Qu’est-ce qu’ils ont voulu
le Pouvoir ou le Non-Pouvoir ?
Nous décourager ?
Ils préfèreraient qu’on n’aille plus voter ?
Ils font les étonnés. Non…
Défaisons les menottes, elles sont en papier !
Or, quand on est au pouvoir,
on prend un papier et un stylo
et on écrit le Droit.
Le nouveau Droit.

Résultat, on vit dans un monde plombé
et a tous un grand besoin d’oxygène
moralement et économiquement
Ça va ensemble.

Tous, entreprises, commerçants
Éducateurs, salariés, dirigeants, producteurs.

C’est pour ça qu’on voudrait changer
un système qui ne marche pas.
C’est déjà  bon signe…

L’Europe signe de mauvais traités
elle est donc mal-traitante.
Elle va pas dans l’intérêt de ses peuples ?
Eh bien, on l’a faite...
On peut la défaire, pour la refaire !

Mais là, un gouvernement
tel que proposé par le Front De Gauche
il va falloir qu’il montre l’exemple aux autres pays !
On veut protéger nos entreprises  des chaos de la finance,
On veut réinstaller des petits producteurs fermiers (bio)
en faisant re-circuler l’Argent
qui est de plus en plus prisonnier d’une poignée d’égoïstes
grassement payés (ce sont les seuls)

Comme en 1789…
Et ils envieront le pays qui a fait ça
et voudront s’y mettre à leur tour.
C’est ça l’enjeu.

Faire sauter les chaînes de la peur
Et que cette peur
change de camp.

Réveillons-nous : nous sommes des peuples
développés, instruits, équipés
pourquoi faudrait-il que nous allions ainsi
aveuglément dans le mur en perdant
ce que nous avons acquis durement ?

Le P.S a abandonné l’espoir
Nous on le redonne.

J’entends souvent des gens effarouchés
Oui, Mélenchon il ne pense qu’à s’attaquer aux riches
au-dessus de 360 00 € il prend tout
Il faut expliquer ce qui est si simple.
D’abord, à celui-là, il lui restera 360 000 €.
C’est ce qui sera au-dessus qui sera prélévé à 100%

Reste tout de même 30 000 €/mois
avec quoi on peut tout faire
y compris investir son argent dans une société
acheter ce qu’on veut… non ?
On est très loin des chars soviétiques.

On peut même partir, c’est ouvert, c’est libre
tout le monde a le droit de voyager.
Mais c’est une faribole :
aux USA ces riches là payaient 90% d’impôts
et Roosevelt ne les a jamais vus partir.

Et pour aller où, hein ?
Personne ne les attend.
Ce n’est parce qu’on a de l’argent
qu’on en est plus intéressant
ni plus utile aux autres...
Tous les gens riches ne sont pas grands chirurgiens
artistes de génie ou grands chercheurs…

Ça rendra l’Argent utile
au lieu d’en faire un assassin
une arme économique.

Nous redécouvrons qu’il y a
non pas “des caisses vides”
mais des marges inutilisées
Qu’on utilisera à des fins
de bien-être collectif.

Donc ce qui est au-dessus
de ces sommes astronomiques
ira circuler dans le pot commun.
Au lieu d’alimenter
Des épargnes privées toxiques qui
tournant autour du monde
ne servent réellement à personne, mais
à faire monter les prix des matières premières
provoquer des émeutes de la faim. Belle utilité !

Money tunnel

Non, avec ces rentrées fiscales
on redonnera des marges de manœuvre
à notre impuissance publique.

Pour investir
avoir une armée sans rogner sur le reste
refaire les routes
construire des hôpitaux, des écoles
remplacer les centrales, eh oui
des logements.

Le logement !
Il y des priorités de tous les jours
que le Parti socialiste
et les partis au pouvoir
semblent avoir oublié.
Peut-être que leurs élus n’en souffrent pas eux-mêmes.

Une des choses les plus naturelles
se loger
est remise en cause dans la france de 2012 :
quand on on gagne le minimum salarial
on se lève tôt matin
Pour avoir le droit de payer d’un loyer
à un propriétaire...
Travailler pour se loger
pas pour apprendre, pas pour savoir
pas pour voyager
donner du temps aux autres
même pas pour se nourrir mieux
non, pour se loger.
Quelle misère en soi.

Ça n’est donc plus un droit.
Lorsqu’on laisse la moitié
de ses revenus dans son loyer
on paie le droit de s’appauvrir.

Dans le privé les logements sont laissés vides
pour faire monter le prix de ceux occupés.
Il faut arrêter ce vol.
Vol d’espace et vol d’argent.

Le seul moyen pour une Nation de l’arrêter ce vol
c’est de bâtir un million de logements en cinq ans
car un million d'entre nous sont mal-logés
et quand on est mal-logé on étudie mal
et il n' y a pas loin de manger mal aussi.

Le marché de l’immobilier nous étouffe tous
-sauf les 1% qui en tirent profit-
Ce marché ignoble sera divisé par deux.
Quand on construit, c'est mécanique.

Alors on pourra recommencer de vivre
de faire des projets.
L’avenir sera plus dégagé là aussi
comme dans les années dites Glorieuses
un ouvrier pouvait avoir sa maison
et même partir en vacances !

Aujourd’hui on a plus de chance
d’être expulsé d’une location
que de faire un crédit
pour payer la caution d’entrée
alors les vacances…

Une chose est sûre :
On vivra moins vieux que nos parents
si on laisse faire ça.

Il faut donc aller voter.

Tout projet est perfectible.
Mélenchon propose que le salarié mieux payé
alimente toute la chaîne
jusqu’au paysan qui retrouve sa dignité
Pour des gens mieux nourris.
Le salarié, mieux payé, ne va pas placer
son argent dans des produits financiers…
dont on n’ a pas besoin.

Que les entrepreneurs et les particuliers
puissent -et c’est nouveau- emprunter
à un taux minimal
proche de rien,
auprès d’un Pôle Public du Crédit.
Les entreprises voient alors sur 5 ans,
c’est mieux pour elles
et pas sur 3 mois
comme maintenant.

Ça embête les banques.
Et alors, ça nous va bien, à nous.

On s’opposera
à la circulation libre des capitaux
et la circulation contrainte des personnes.
Nous ferons l’inverse :

> Capitaux contrôlés
> Êtres humains libres de s’installer.
Ça, ça marche à l’endroit.

L’homme a été toujours été nomade
et libre de ses mouvements.

Alors les Le Pen, foutaises !
Le Pen, c'est seulement le nouveau nom
de cette affection qu'on appelait autrefois
la myopie.
On ne voit pas plus loin que le bout de son nez.
On voit l'étranger qui vient ici travailler,
et pas le travail qui part à l'étranger…

Les Le Pen, ils désignent des personnes
mais pas les vrais problèmes
que des facilités juridiques provoquent.
Les entreprises qui délocalisent
ne sont pas poursuivies
alors qu'il y a une Loi pour ça.
On préfère poursuivre les personnes humaines.

Beauty Unattended

C'est le vote, de la peur
de la perte, de l'impuissance
remplacées par le rejet
Cette envie de voter là
a seulement besoin d’être traitée
avec respect des gens...
et de nouvelles lunettes.
Traité par un projet cohérent, et surtout plus humain.

Le projet du Front de Gauche
Dissuade beaucoup de gens
d’être trompés par Le Pen.

Car c’est un projet
plus juste socialement
plus efficace économiquement
plus vertueux écologiquement.

Donc votons.

Voilà ce que je dis aux gens que je croise.
Et ils comprennent.

Et puis il faut aussi de l’oxygène, du vrai.
Si un Fukushima avait lieu chez nous
ce serait une hécatombe on le sait.

L'écologie politique ré-imagine
la communisme, le socialisme
et l'humanisme.

Full 180-degree Rainbow over Morro Bay, CA, with Dynegy aka Duke Energy under arch, 21 Jan 2010

Le Front de Gauche est le seul à proposer
de sortir doucement du nucléaire.
Et pas avec des éoliennes à l’arrêt un jour sur trois
qui revendent à EDF
une électricité dont elle n’a pas besoin… non :

Investir sur un grand chantier
énergétique basé sur la production
d’électricité, d’eau chaude, de chauffage
gratuits (ou quasi)
par la captation de l’énergie du sous-sol.
Ça marche déjà, c’est la géothermie profonde.

Une fois les investissements faits
pas de carburant, pas de combustible
la matière s’offre à nous, 
on est assis sur une centrale nucléaire : la Terre.

Ça n’est pas encore fait
-c’est triste-
parce que la quantité d’énergie (q)
tend vers l’infini (∽)
Et donc cette énergie n’est pas cotable en Bourse.

Elle nous intéresse, mais n’intéresse pas ces messieurs…

On creuse et la température est là
et elle produit plus d'énergie qu'on ne sait en utiliser.
Avec ça, chaque pays pourrait se développer.
Que ce soit le Bangladesh ou l’Ouganda…

Et c’est justement ce que certains intérêts
privés et publics ne veulent pas.
Ces gens là demanderaient des salaires…

Mais non, on préfère s’exposer au nucléaire...

Au besoin, on cache même
les dysfonctionnements des centrales
pour protéger les cours de bourse.
Car seuls les pays les plus riches
ont accès à cette électricité là
(qu’au Japon on paie au prix fort)

Pour nous, il s’agit de bâtir
un grand pôle public
EDF/GDF/Areva
N’en déplaise à l’union européenne.
Même un enfant de cinq ans sait désobéir
pour garantir sa sécurité.
Avec maturité on peut désobéir pour reconstruire.

Donc c’est simple :
Face à qui confond le système socialiste écologique
avec la dictature soviétique du XX° siècle
nous, on n’est que des républicains,
partageux qui font tout pour éviter les famines et les guerres.
Les communistes ont bien changé
et l’idée revient en force
devant l’évidence du gâchis.

Sinon, à qui fait les yeux ronds
je dis qu’on peut aussi
organiser une société à la Colombienne
Fondée sur l’égoïsme et la peur
électrifiée
dans ses rapports et dans ses murs
dans la concurrence
de chacun contre tous les autres.
Avec plus de pollution, plus de chômage
plus de risques sanitaires
moins de sécurité sociale et alimentaire.

C'est très facile,
il n'y a qu'à rien faire...

Car on y est déjà un peu :
des écoles pour les têtes blondes
et d’autres moins vivables
pour les têtes marrons
plongées dans la violence de la pauvreté
et déjà concurrentes
déloyalement.

C’est ça qu’on nous propose ?
De se méconnaître et de se dresser
Que ce soit dans nos quartiers
ou sous notre drapeau ?
Gare à ce qu’il ne devienne pas
le drapeau de l’injustice
de la haine intérieure.

Car si le mérite des uns est toujours
le fruit du travail des autres
la manivelle un jour se retournera.

Les enfants ont besoin d’un futur ensemble
et pas d’une guerre économique de cent ans.
Il s’agit de choisir quel monde on veut
pour nous et pour eux.
Quelle humanité voulons-nous être ?

Partout en Europe ceux qui votent
pour le Bayrou ou le Hollande local
le font pour des raisons souvent abstraites.
Le retour des chars russes
pour les plus effrayés…
Peur qu’on attrape en s’abreuvant
de cinéma américain- des fantasmes.
Là, pas beaucoup de volontaires enthousiastes
pour un projet de société volontariste.

D’autres sont  inquiets
des pulsions liberticides.
Inquiets pour la paix en Europe,
pour leur liberté d’expression.
Des peurs abstraites qui s’attrapent
en écoutant les médias.

Ils ne savent pas qu’
On a beau trancher la tête des gens
on ne leur coupera jamais la parole,
comme dit le poète…

L’Europe organise la guerre fiscale et sociale
entre salariés d’Europe et même du Monde
en laissant les inégalités faire concurrence.

Et la concurrence ça n'est pas l’harmonie.
C’est "tailler des croupières à Boeing"
comme dit notre Président.
Des croupières aux salariés américains au chômage.
On a remplacé les guerres par d’autres...

Ceux qui soutiennent avec de vrais arguments
Une France social-démocrate
Une France allemande en somme
où le contrat remplace la Loi
n’ont en général pas de problème de logement.

Ils peuvent demain voter
ou pour l’une ou pour l’autre impuissance
droite ou gauche molles.
Ils refusent de regarder le piège
tendu depuis 20 années et plus
à toujours vouloir corriger le tir
des lubies européennes.

Le social-démocrate Hollandais
guidé par la main invisible du marché
accompagne le fossoyeur
jusqu’à sa tombe.

Il sacrifie toute autre économie
sur l’autel de la construction européenne
des puissants, des sur-puissants.

C’est les yeux bandés que les Français
dans leur majorité ont récolté
les réactions de souveraineté
que créé l’impuissance à agir.
Du côté obscur ça donne le FN
Du côté lumineux le Non du 29 mai 2005.

C’est ce Non à une Europe
maltraitante pour ses enfants
ce Non exprimé qu’on nous a fait ravaler
comme le chien son vomi,
qui fait pousser ce nouvel espoir collectif
le Parti de Gauche
et ensuite la convergence du Front de Gauche.

Ce rassemblement historique
De toute la gauche socialiste
inédit depuis un siècle
donne des raisons de se mobiliser.

Il y un candidat,
plus aucune raison de s’abstenir.

On peut faire en sorte demain
Que Mélenchon et tous les salariés de ce pays
réalisent le rêve de Jaurès
fasse la synthèse entre Socialisme et République,
mais version XXI° siècle :
en adossant le progrès social
à l’obligation
de progrès écologique.

Pour tous.
Pas contre les autres.

On comprend que
partager l’environnement
et le premier des partages
Le préserver c’est préserver
l’Homme et non la planète.

On veut mettre sur le tapis
l’écriture, la ré-écriture
par les citoyens, comme en Islande
d’une nouvelle Constitution.
Comme dans tous les pays
une révolution douce a eu lieu.
Sans couper la tête à personne
mais en la relevant.

Voilà l’oxygène !
De l’air, de l’art, du progrès social
du lien, du partage
des institutions refondues
par tous et pour tous.
Le retour du politique, en clair
Et l’éloignement de la guerre généralisée.

Alors pour une fois depuis longtemps
on sait
positivement
pour qui et pour quoi
voter. 

Et c’est déjà un bonheur.








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